Je suis juste de passage pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d’année. Et pour aussi mettre à l’honneur une peinture féerique…chose que je n’ai pas faite depuis quelques mois. Je m’excuse auprès de mes visiteurs. Je leur remercie pour leur visite et leur commentaires. J’ai plein d’idées d’articles féeriques…mais le temps me manque comme toujours! Mais mon blog me manque beaucoup également…donc je reviendrais sûrement très vite pour des mises à jours!
Voici la fée que j’ai choisi pour ce mois-ci.

© Amy Brown, Winter
Pour fêter le printemps, je vous mets ce mois-ci une délicieuse fée du printemps dessinée par Delphine Gache.
© Copyright Delphine Gache, Le Printemps
Regardez comme elle est majestieuse et resplendissante. Elle semble faire une danse pour chasser la neige qui encombre le sol. On voit apparaître la belle verdure et quelques fleurs se réveiller d’une longue léthargie hivernale. La belle ailée entraîne dans sa danse un tourbillon de beaux papillons au douces couleurs du printemps. On peut voir à gauche deux petites fées vêtues de pétales de fleurs (sans doute des fées fleurs) l’assister dans cette danse printanière. Les couleurs de l’hiver s’atténue sous cette masse colorée. Vive le printemps!

© Copyright Rachel Anderson, Sapphire
Le nid de l’ange et de la fée
Au fond de la Vallée des Rêves Azurés
Vivait une fée aux yeux couleur de temps
Et au rire cristallin comme rosée au printemps ;
Jusqu’à l’aube du jour, dans les bois elle courait.
Que faisait-elle ? Que cherchait-elle ? me direz-vous
Cette fée-là était la fée des Rêves Merveilleux,
Ceux qui emplissent des petits enfants les yeux
Et qui laissent au petit matin du rose sur les joues.
Elle cherchait donc cette fée au fond des Bois Enchantés
Les Rêves Perdus qu’elle pourrait sans doute exaucer.
C’est là qu’elle trouva un rêve tout de larmes embué ;
Ce rêve était celui d’une âme par le désespoir hantée,
Le Rêve Perdu d’un ange au sourire magique
Qui versait des larmes amères sur ses amours passées…
La fée fut prise d’un élan du cœur et dit : « Assez !
Ne plus voir cet ange sourire, c’est dramatique ! »
Elle alla trouver la Reine des Fées pour lui dire son amour :
« Cet ange a trop souffert ! » dit-elle « Et je veux Moi,
De l’Amour si cruel envers les hommes changer les Lois ! »
La Reine répondit : « Je comprends que ton cœur soit lourd,
Mais tu connais du pays de Faery les Lois !
Du même monde vous n’êtes malheureusement pas !
Cet amour là est impossible, tu le sais ! Arrêtons là !
Oublie cet être, c’est mieux ainsi, crois-moi !
Cependant, la fée des Rêves ne l’entendait pas ainsi,
Et bafouant les Lois de Faery, elle rencontra l’ange
Dans un lieu où résonnait le chant des mésanges ;
Elle lui dit des mots doux et des mots d’amour aussi…
L’ange et la fée se rencontrèrent ainsi souvent ;
Et plus le temps passait, plus leur amour grandissait…
La fleur qui vivait dans leur cœur s’épanouissait
Comme jamais elle ne l’avait fait auparavant…
Leur si bel amour n’était cependant pas resté inconnu
Folle de rage, la Reine des Fées apprenant cela
Envoya chercher la petite fée qui accourut là …
« Te voici donc ! » dit la Reine, « Je t’avais prévenue !
Sais-tu que tu seras punie pour ta trahison ?
De telle faute, tu connais pourtant le châtiment :
De Faery, tu dois quitter les terres immédiatement ! »
« Ô ma Reine, je partirais vers un autre horizon,
Qui accueillera mon amour ainsi que le sien ! »
« Sais-tu, petite sotte ? » répliqua la Reine,
« Que le Ciel lui fermera ses portes d’ébène ?
Au statut d’ange déchu passera ton ange gardien ! »
« Soit, s’il en est ainsi », dirent l’ange et la fée réunis,
« Nous vivrons tous deux dans un lieu autre !
La Terre où vivent les humains sera nôtre,
Elle sera de notre amour le douillet nid… »
Legende de Faery

© Copyright Mickie Muellet, Mother and child of the fae
Les changelins
Au temps médiéval, les fées avaient la mauvaise réputation d’enlever les enfants non baptisés. Elles se penchaient au-dessus des berceaux des bébés qui leur plaisaient, comme le font les fées marraines, mais non pas pour les doter de dons mais pour leur arracher à leur monde. Ensuite elles mettaient à la place du bébé humain, leur propre progéniture, que l’on nomme alors « changelin ». Elles procédaient généralement à la nuit tombée. Ainsi les parents, dès le levé du jour, retrouvaient, à la place de leur bébé aux joues pleines et rosées, une créature laide, noire, qui affichait un air vieillot.
Un des moyens efficaces pour se débarrasser du changelin était de l’obliger à parler et à avouer son âge. Généralement, le changelin se laissait facilement avoir sous l’effet de surprise. Comme par exemple, déclare Edouard Brasey in La petite encyclopédie du merveilleux, « en lui présentant un spectacle incongru, comme celui de brasser de la bière avec des coquilles d’oeufs ou d’entourer son berceau avec une multitude de pots, potées, assiettes, écuelle ou autres récipients débordant d’un liquide bouillonnant. Le changelin s’écrit alors : J’ai plus de cent et cent ans/J’ai vu le gland avant le chêne/L’oeuf avant la poule,/Mais je n’ai jamais vu autant de petits pots bouillant! »
Suite à ces mots, le changelin se précipitait dans la cheminée, et disparaissait dans un grand ricanement. L’enfant humain réapparaissait comme par magie dans son berceau.

© Copyright Maxine Gadd, Laughing Fairies
Une autre manière (plus mesquine) de récupérer l’enfant humain, était celle de s’en prendre physiquement à l’enfant fée. On le suspendait à un arbre et on le fouettait sans pitié. La fée mère accourait aux cris de son enfant. Par ruse ou chantage les parents récupéraient leur propre bébé.
Si les bébés des fées ont le « visage flétri et ridé, pourvus en outre de touffes de poils noirs et hirsutes qui leur poussaient en tout sens sur le crâne et le corps », il arrivait parfois qu’on ne pouvait les différencier des bébés humains. Une procédure de vérification s’imposait. Dans La Grande Bible des Fées d’Edouard Brasey on apprend que les parents humains avaient recours aux mêmes méthodes morbides cités précédemment : la maltraitance et l’abandon. Ils « plaçaient le nourrisson sur une pelle qu’ils disposaient au-dessus des flammes de la cheminée,ou bien ils l’abandonnaient une journée entière dans la neige, ou bien encore ils le battaient jusqu’au sang. » Soit la créature se volatilise en riant, soit la maman fée se précipite aux gémissements de son enfant et est contrainte de restituer le nourrisson volé.
© Copyright Lindsay Archer, Stretching her wings
Il était donc vivement recommandé de veiller sur son nourrisson et de le protéger des créatures de Féerie même si tous se réjouissaient des dons qu’offraient les fées-marraines à leur petites progénitures. Les mères s’armaient pour protéger au mieux le berceau. Elles disposaient tout autour du berceau une multitudes de défenses. Généralement, elles usaient des méthodes qui servaient à faire fuir les mauvais esprits. Tout d’abord elles répandaient du sel dans toute la chambre,puis elles accrochaient une paire de ciseaux au dessus du lit de l’enfant, ou soit suspendaient au mur un collier d’ail ou des objets en fer (etc.) Quoiqu’il en soit, il était bien rare que ces pratiques annulaient le sort réservé aux enfants choisis par les fées. D’ailleurs, même les bébés baptisés n’étaient malheureusement pas à l’abri, car gardons toujours en tête que les fées sont très entêtées, bien que la rumeur rapporte qu’elles fuient le sacré. Dans ce cas, elles n’avaient le pouvoir que d’enlever les petits garçons, et pour combler elles ne procédaient aucun échange (donc pas de changelin, voir de bébé de substitution dans le monde des humains). Les mères feignaient donc d’avoir des petites filles au fond du berceau afin de tromper les fées, et elle revêtaient leur petit bonhomme de vêtements de fillettes, leurs laissaient leurs bouclettes, les appelaient par de petits surnoms féminins, jusqu’au jour du baptême.
Certaines légendes attribuent cette tâche ingrate d’enlever les enfants à la Reine Mab.
Que devenaient les enfants volés?
Edouard Brasey les nommes les enfants-fées.
Les enfants-fées restent en pays de Féerie pour une durée de sept année ou bien un multiple de sept ans. Au bout de ces années, ils sont rendus aux humains.
Une fois dans leur patrie d’origine, ces enfants sont acclamés comme des êtres d’exceptions car ils demeurent les protégés des fées, et qu’ils détiennent des dons et des talents spéciales.
Les vocations artistiques et ésotériques auxquelles ils se destinaient en disaient long sur l’appartenance ambigüe de ces êtres, qui étaient condamnés à demeurer à la lisière des deux Mondes. Ils devenaient des artistes, des poètes, des musiciens, des guérisseurs, ou visionnaires.
La nostalgie de ce monde de leur enfance demeurait si grande, que Féerie leur restait accessible. Cependant ils devaient respecter quelques conditions. La nourriture et les boissons leurs étaient proscrites. Si par malheur, ils leur prenaient l’envie de déguster ne serait-ce qu’une miette des aliments des fées ou boire une seule goutte des breuvages de fées, ils devenaient les prisonniers éternels de Féerie. On raconte que les parents humains de ces êtres mi humain mi fée, laissaient sur la table de quoi nourrir leur progéniture pris entre deux mondes.
Enfants-fées ou pas…Fées et Humains : deux mondes incompatibles
Nous comprenons une fois de plus que la vie et les sentiments des fées diffèrent de celles des humains. Les fées aiment une certaine façon ces humains qu’elles ont enlevés uniquement par caprice (n’ayant aucune notion du bien et du mal).Mais en même temps elles posent une limite à cette relation. On aurait pu penser que « seul le cas des enfants-fée » aurait pu nous ouvrir intégralement la porte de Féerie, mais la réalité féerique est bien décevante. La vie de l’humain chez les fées est déjà limitée dans le temps (sept ans ou multiple de sept ans) et l’accès aux humains présentent des contraintes. Ces restrictions marquent clairement l’incompatibilité des deux mondes. En même temps, nous savons bien que c’est dans cette incompatibilité et ces différences que naît le merveilleux que nous recherchons et qui fascine tant notre imaginaire.
Féerie et Terre des Humains, sont donc deux mondes incompatibles mais qui se chercheront sans cesse l’un et l’autre. Pour le moment seul le fil de l’imaginaire lie étroitement ces deux mondes.
Zhelia

© Copyright Maxine Gadd, Baby Chrysella

Copyright Joanna M. Bromley, Taking Stock for Easter
Je vous souhaite à tous une très joyeuses pâques!
bisous féeriques,
Zhelia


